Charte du séminaire international du Prado

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FORMER DES PRETRES  SELON L’ÉVANGILE

Charte du Grand Séminaire du Prado

Chapitre I : L’institution « Séminaire du Prado » 5

1. Repères historiques 5

1.1. L'intuition du Père Antoine Chevrier 5

1.1.1. « Prêtres pauvres pour les paroisses » 5

1.1.2. Vocation et formation spécifiques 6

1.1.3. Le Père Chevrier et les séminaristes 6

1.2. Le séminaire au fil des années 7

1.3. Le statut actuel du séminaire 8

2. Une institution fondée sur la vocation et la mission du Prado 9

2.1. Formation au ministère presbytéral 9

2.2. Dans l'esprit du Prado 9

2.3. Pour et en accord avec les diocèses 10

2.4. Au service de la vocation pradosienne 10

Chapitre II : Les fondements de la mission 11

1. « Avoir l’Esprit de Dieu c’est tout » 11

1.1. Le rôle de l'Esprit Saint 11

1.2. Au séminaire 11

1.3. « L’Esprit Saint est dans l'Église » 12

1.4. Le Saint-Esprit agit en nous 12

2. « Connaître Jésus-Christ c’est tout » 13

2.1. Le dynamisme « disciples – apôtres » 13

2.2. Être configuré au Christ 14

2.3. Une connaissance vivante et actuelle 15

3. Une pédagogie tirée de l’Évangile 16

3.1. Une pédagogie active 16

3.2. Une pédagogie s’exprimant dans la vie d’équipe 16

3.3. Une pédagogie de croissance dans l'amour 17

3.4. Une pédagogie au service de l’intelligence spirituelle. 17

3.5. Une pédagogie ecclésiale 18

3.6. Une pédagogie au service de la formation des pasteurs. 18

4. Exigences pour les formateurs 19

4.1 Un homme de foi et de prière 19

4.2. Docile à l’Esprit Saint 19

4.3. Assumant la charge qui lui a été confiée 20

4.4. En Église 21

Chapitre III : Le processus de formation 22

1. Les étapes de la formation 22

1.1. Accueil des séminaristes et attitude des formateurs 22

1.1.1. Aimer 22

1.1.2. Recueillir 22

1.1.3. Fortifier la vie intérieure 23

1.2. L'insertion humaine et ecclésiale 23

1.3. Une progression dans la formation vers le ministère presbytéral 23

2. Les dimensions de la formation 25

2.1. Formation humaine 25

2.2. Formation à la vie intellectuelle 26

2.2.1. Une théologie évangélique et pastorale 26

2.2.2. Une démarche intellectuelle sérieuse 26

2.2.3. Les lieux de formation intellectuelle 27

2.2.4. En référence à la « Ratio Studiorum » 27

2.3. La formation à la vie pastorale 27

2.4. La formation à la vie spirituelle 28

2.5. L'unification de la vie : vers une vie de pasteur 31

Chapitre IV : Le rapport aux diocèses 33

1. Les conditions d’entrée au séminaire du Prado 33

2. Le délégué diocésain 34

3. Lien avec les évêques 34

4. Financement 35

Chapitre V : La vie du séminaire 37

1. Les personnes 37

1.1. Le Recteur et les autres formateurs 37

1.2. Les Directeurs spirituels 38

1.3. La communauté du Séminaire 38

2. Les lieux 39

3. Les temps 39

3.1. Organisation de l’année 39

3.2. Organisation de la semaine 40

3.3. Organisation de la journée. 41

Chapitre VI :Le séminaire et le Prado 42

1. Liens avec le responsable général et son conseil 42

1.1. La désignation des formateurs 42

1.2. Liens avec le Responsable Général 42

1.3. Liens avec le Conseil Général 42

2. Le séminaire au service de la vocation pradosienne 43

2.1. Par rapport aux séminaristes du Séminaire du Prado 43

2.2. Les séminaristes qui sont dans d’autres institutions 43

2.3. Par rapport aux prêtres du Prado 44

3. Le séminaire du Prado au cœur de l’Eglise 45

Annexes 46

Le Tableau de Saint Fons 46

Prière du Père Chevrier : O Verbe ! O Christ ! 48

Lettre 82 : Lettre aux quatre séminaristes, à Alix 49

Bibliographie 51

 

FORMER DES PRETRES
SELON L’ÉVANGILE

Charte du Grand Séminaire du Prado

Pour le Père Chevrier, la formation des prêtres consiste à mettre en œuvre la pédagogie du Christ, Maître, avec ses disciples.

« Dans la fondation de l’Église, la plus grande œuvre du Tout Puissant, la plus belle œuvre du monde, Notre Seigneur n’emploie aucun moyen extérieur. Il prend un homme auquel il communique sa vie, son esprit. Il en choisit douze qu’il forme à la vie évangélique »

(Antoine Chevrier – VD, p. 222)

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Le Séminaire de Limonest remonte dans son principe au Bienheureux Père Antoine Chevrier lui-même. Ce prêtre diocésain de Lyon, en France, a reçu de l’Esprit Saint un don de fondation qui s’est exprimé dans l’évangélisation des plus pauvres et en même temps dans un appel à former des prêtres selon l’Évangile pour mieux servir cet apostolat auprès des populations démunies. C’est en ce sens qu’il a pris soin de rédiger le livre : « Le Prêtre selon l’Évangile » ou « le Véritable Disciple de Notre Seigneur Jésus Christ ».

Le Grand Séminaire du Prado, qui accueille des séminaristes venant de différentes Églises du monde, essaie, avec humilité et détermination, de répondre à l’appel de Dieu qui ne cesse d’appeler des ouvriers à sa moisson. Le texte de cette charte a pour but de donner les fondements de la formation ainsi que la manière dont elle se concrétise actuellement à Limonest.

Six chapitres en constituent le contenu :

  • L’institution « Séminaire du Prado »
  • Les fondements de la formation
  • Le processus de formation
  • Le rapport aux Églises diocésaines
  • La vie du Séminaire
  • Le Séminaire et l’Association des Prêtres du Prado.
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Chapitre I : L’institution « Séminaire du Prado »

1. Repères historiques

1.1. L'intuition du Père Antoine Chevrier

1.1.1. « Prêtres pauvres pour les paroisses »

Envoyé en 1850 par le cardinal, Mgr de Bonald, archevêque de Lyon, pour exercer la charge de vicaire dans la paroisse Saint-André de la Guillotière, dans un faubourg populaire de Lyon, Antoine CHEVRIER reçut dans la nuit de Noël 1856, en méditant le mystère de l'Incarnation, des lumières qui allaient fixer l'orientation de sa vie et de son ministère auprès des pauvres. Passionné de Jésus-Christ, il cherchait à le faire connaître et aimer. Il souffrait de la séparation qui existait entre l'Église de son temps et cette population de « pauvres », d'« ignorants » et de « pécheurs ».

Il se sentit appelé à s'associer puis à former des collaborateurs ayant la même vocation. Ceux-ci, prêtres diocésains, dans l'Esprit de Dieu, participent à la consécration et à la mission de Jésus-Christ, pour annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume aux pauvres et rendre visible une communauté chrétienne au milieu d'eux.

« Oh ! Que le Bon Dieu a besoin de bons prêtres pauvres ; c'est là ce que je rêve et désire ardemment depuis plus de 10 ans, qu'il y ait de bons prêtres dans les paroisses. »[1]

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1.1.2. Vocation et formation spécifiques

C'est en 1865, cinq ans après avoir loué la salle de danse du Prado afin d'y installer une œuvre de la première communion en faveur de la jeunesse pauvre, que le Père Chevrier comprit que le temps était venu où Dieu lui demandait aussi de travailler effectivement à la formation de prêtres pauvres se consacrant à l'évangélisation des pauvres. Il commença à envoyer quelques jeunes garçons étudier dans une école cléricale du centre de la ville de Lyon, à la paroisse saint Bonaventure. Mais ce n'était pour lui qu'un pis aller. L'année suivante en 1866, il créait, au Prado même, une école cléricale, analogue à celle qui existait dans plusieurs paroisses, afin que les séminaristes puissent se former au contact même des pauvres.

« J'ai envie, confiait-il un jour à Françoise Chapuis, de faire une pépinière de prêtres. J'ai envie d'avoir des prêtres qui soient élevés avec mes enfants pour qu'ils les comprennent bien ».[2]

La retraite faite en août 1866 à l'ermitage de Saint-Fons, avec douze jeunes gens, dont Jean-Claude Jaricot, au cours de laquelle le père Chevrier commença d'écrire pour eux ce qu'on a appelé le tableau de Saint-Fons, peut être considéré à juste titre comme l'acte de fondation de ce qui deviendrait plus tard le Séminaire du Prado.[3]

De 1866 à 1870, 25 élèves environ passèrent par cette école cléricale. Six d'entre eux restèrent au service des œuvres du Prado ; trois autres entrèrent au service du diocèse de Lyon ; deux partirent comme missionnaires au diocèse de Galveston, dans l'État du Texas, en Amérique du Nord. À la mort du père Chevrier, en 1879, l'école cléricale, devenue florissante, comptait cinquante-huit élèves, répartis en cinq classes, dont trois au Prado et deux à Limonest.

1.1.3. Le Père Chevrier et les séminaristes

Au sortir de l'école cléricale, le Père Chevrier suivit avec le plus grand soin la formation de ses séminaristes entrant alors au Séminaire de philosophie du diocèse de Lyon. Il leur faisait des visites, entretenait avec eux une correspondance régulière et les encourageait à se soutenir mutuellement.

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Le zèle pastoral du Père Chevrier ne se limitait pas au seul diocèse de Lyon ; il s'était en effet donné pour « but » de « former des prêtres pour les paroisses pauvres des différents diocèses de France ou d'ailleurs »[4]

L'un de ses élèves de l'école cléricale était allemand, appartenant au diocèse de Spire, et plusieurs des prêtres ayant passé alors par elle devinrent missionnaires en diverses contrées du monde, en Amérique, en Afrique noire et en Asie.

« A notre vocation spéciale, il faut une formation spéciale » avait dit le Père Chevrier à Mgr Caverot, son archevêque, à qui il demandait que ses premiers séminaristes puissent faire à Rome leur année diaconale. Avec l’autorisation de celui-ci, il allait d’ailleurs les y rejoindre en mars 1877 et passer avec eux les derniers mois précédant leur ordination presbytérale, afin de les préparer spirituellement au ministère qui les attendait au Prado dans le service des pauvres. Il rédigeait alors son « Véritable Disciple », qu’il leur commentait journellement. Ce livre n'est rien d'autre qu'une sorte de manuel destiné à la formation du « prêtre selon l'Évangile ».

1.2. Le séminaire au fil des années

En 1891, suite à une demande du Conseil Général du Prado adressée au cardinal FOULON, celui-ci accorde au Prado la possibilité d'ouvrir tout d'abord un Séminaire de philosophie. La formation de la théologie se fait dans les séminaires respectifs. Un lien régulier avec le Prado est maintenu à travers des prêtres du Prado délégués pour cela.

Les écoles cléricales du Prado se multiplièrent rapidement dans le diocèse de Lyon et à l'extérieur. Elles visaient à permettre l'accès au sacerdoce de jeunes gens pauvres, et aussi la formation de jeunes afin de devenir prêtres pour les pauvres. Elles voulaient également soutenir les diocèses pauvres en vocation, comme ce fut le cas par exemple du diocèse d'Aix.

Quelques années après le décès d'Antoine Chevrier, un bon nombre de prêtres du Prado travaillaient dans les écoles cléricales ou au Séminaire de Limonest afin de former des prêtres pour les diocèses.

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Monseigneur Alfred Ancel (1898-1984), Évêque auxiliaire de Lyon et Supérieur du Prado, donne une impulsion décisive au Séminaire de Limonest qui devient alors le Grand Séminaire du Prado.

1.3. Le statut actuel du séminaire

Ce statut a été précisé dans les Constitutions, approuvées le 7 juin 1987 par le St Siège, où « l’Association des Prêtres du Prado » a été confirmée comme « Institut Séculier clérical de droit pontifical ». Ce Séminaire a une dimension internationale, il est au service de l’Église universelle. Dans ce but, il accueille des candidats que les diocèses veulent bien lui confier, et il travaille en étroite collaboration avec les responsables diocésains de ces diverses Églises. Le Séminaire est sous la responsabilité du Supérieur Général du Prado et de son Conseil.

Le Directoire Général ajoute quelques précisions.

« En entrant au Séminaire du Prado, les séminaristes acceptent d'être formés dans l'esprit du Prado… Cet esprit du Prado doit caractériser tous les aspects de la formation des futurs prêtres : spirituel, pastoral, intellectuel, tant au plan personnel que communautaire. »[5]

Les séminaristes ne viennent pas au Séminaire sans 1'envoi de l’Évêque de leur diocèse. C’est le Responsable Général du Prado qui autorise l’admission de candidats venant de diocèses non français.

C’est lui aussi qui admet des séminaristes en vue d’une incardination à l’Institut du Prado.

A l'exemple du Père Chevrier, depuis l'origine, des prêtres du Prado ont travaillé à la formation des prêtres.

« Voilà notre but, disait-il, … Un prêtre ne peut mieux employer sa vie que de former à l'Église de bons prêtres… Il me semble que c'est aujourd'hui le besoin de l'Église et que nous ne saurions trop faire pour arriver à ce but. »[6]

L'Institut a un Séminaire, dont la fondation remonte, dans son principe, au Père Chevrier lui-même.

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Le propre du Séminaire du Prado est de former des disciples de Jésus Christ, des prêtres pauvres destinés à l'évangélisation des pauvres. La préparation au ministère s'y fait selon les normes de l'Église pour la formation des clercs, et en fidélité à ce qui caractérise le charisme transmis par le Père Chevrier.

2. Une institution fondée sur la vocation et la mission du Prado

2.1. Formation au ministère presbytéral

La responsabilité première du Séminaire est de permettre à des jeunes gens de se former en vue du ministère presbytéral diocésain. Les références du Séminaire sont donc les décrets conciliaires « Optatam totius » et « Presbyterorum ordinis » ainsi que les différents textes promulgués par la Congrégation Romaine pour l'éducation catholique, et bien évidemment l'Exhortation apostolique post-synodale du Saint-Père : « Pastores dabo vobis ». Se situant en France, le Séminaire du Prado se réfère particulièrement à la « Ratio institutionis » et à la « Ratio studiorum » votées par l'Assemblée plénière des Évêques de France le 7 novembre 1997 et approuvées le 25 février 1998 par le Cardinal Pio Laghi, Préfet de la Congrégation romaine pour l'éducation catholique.

2.2. Dans l'esprit du Prado

Le cœur de la formation est la connaissance de Jésus-Christ et la docilité à l'Esprit Saint qui nous conforme au Christ. C'est dans l'Église et par l’Église que cette connaissance est nourrie. En même temps, il nous faut, autant que possible, être à l'écoute du Maître auprès des pauvres, et cela au sein d'une communauté de disciples.

Tout en consacrant un temps important à la formation intellectuelle, spirituelle et pastorale, les séminaristes apprendront aussi à se prendre en charge au plan matériel et se prépareront à vivre au milieu de ceux auxquels ils vont être envoyés.

L'Évangile, les pauvres, la simplicité et l'amour de l'Église : voilà les quatre caractéristiques de l'esprit du Prado telles qu'elles ont été confirmées lors de la visite du Saint Père au Prado en 1986,[7] et telles que le Séminaire s’efforce de les transmettre.

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Séminaire d'un Institut Séculier, nous accorderons donc également une attention particulière aux documents de la Congrégation pour les Instituts de Vie consacrée dans la mesure où ils concernent la formation des séminaristes.

2.3. Pour et en accord avec les diocèses

La règle générale est de former les futurs prêtres pour les diocèses qui les envoient. La formation se déroulera en lien étroit avec les Évêques des diocèses concernés et les responsables qu’ils désignent. Les séminaristes veilleront à tisser des liens de plus en plus forts avec le diocèse dans lequel ils seront incardinés.

2.4. Au service de la vocation pradosienne

Si au cours de sa formation au ministère de prêtre diocésain, un séminariste désire répondre plus particulièrement à la vocation pradosienne et demande à entrer en première formation, le Séminaire a une responsabilité directe dans son accompagnement.

Par contre, le séminariste n'est en aucun cas tenu à entrer dans l'Association des prêtres du Prado, ni à l'entrée au séminaire, ni à sa sortie.

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Chapitre II : Les fondements de la mission

1. « Avoir l’Esprit de Dieu c’est tout »[8]

« Rappelez-vous que le meilleur directeur, c'est l'Esprit Saint… Si vous le consultez, il vous apprendra plus que moi et bien d'autres. »[9]

« Si nous avons l'Esprit de Dieu, nous aurons tout. Si je puis l'acquérir un peu moi-même pour vous le communiquer, que je serais heureux parce que j'aurais achevé mon œuvre. »[10]

1.1. Le rôle de l'Esprit Saint

Dans la formation vers le ministère, à l'école du Père Antoine Chevrier, le vrai formateur est l’Esprit Saint. Lui, le Maître intérieur nous « enseignera toutes choses ».[11] Il est l'artisan qui met tout en œuvre pour former en nous des « ministres de Jésus-Christ auprès des nations, assurant le service sacré de l'Évangile ».[12]

1.2. Au séminaire

Dans la formation vers le ministère presbytéral, il s'agit de discerner continuellement l’action de l'Esprit dans l'Église et dans les personnes. Le Séminaire visera à fournir les moyens adéquats pour que cette action de l'Esprit puisse s'accomplir dans les candidats au ministère.

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Conscients de cette initiative souveraine et mystérieuse de l'Esprit de Dieu dans nos vies, formateurs et séminaristes chercheront à vivre dans une réelle docilité à cette action. Tout ce qui est mis en œuvre dans le processus de formation est au service du dynamisme de l'Esprit, le seul capable de former en nous de véritables « disciples et apôtres de Jésus-Christ ».[13]

1.3. « L’Esprit Saint est dans l'Église »[14]

L'Église toute entière est animée par l’Esprit Saint pour pouvoir annoncer aux hommes l'Évangile de Jésus-Christ et rendre efficace son œuvre de salut. Elle reçoit de ce même Esprit à la fois son identité et sa mission. « L’Esprit de Dieu nous est donné dans l'Église, Peuple de Dieu rassemblé par le Christ dans le Saint-Esprit pour proclamer et célébrer les merveilles de Dieu parmi les hommes, dans la diversité des langues et des cultures ».[15]

Cette présence privilégiée de l'Esprit à l'Église fonde tous les liens que le Séminaire entretient avec les différents diocèses auxquels appartiennent les séminaristes. Pour marcher avec assurance dans les « voies du Saint-Esprit »,[16] il faut chercher à entrer dans l'intelligence des orientations et décisions de nos Évêques et de tous ceux qui ont autorité dans la formation au ministère.

Parce que le Séminaire est situé dans le diocèse de Lyon, l'Église qui est à Lyon, et spécialement les laïcs et les prêtres en lien habituel avec les séminaristes dans leur formation apostolique et pastorale, joue un rôle particulier : c'est là que, généralement, les séminaristes vont être appelés à reconnaître l'action de l'Esprit et à suivre le Christ vivant au sein des communautés chrétiennes et au cœur du monde.

1.4. Le Saint-Esprit agit en nous

« En nous, c'est l’Esprit Saint qui doit produire tout l'extérieur. Il faut commencer à mettre en nous l'Esprit de Dieu et quand il y est, il fait comme la sève de l'arbre, il produit en nous tout l'extérieur. »[17]

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« Voilà l'office du Saint-Esprit sur la terre : de reproduire Jésus-Christ partout, de le faire connaître, de le montrer, d'en parler aux hommes, de le faire aimer et de le faire naître dans les âmes… ».[18]

Il y a là une exigence pour les formateurs afin qu'ils soient attentifs au travail de l'Esprit en chaque personne. Loin de s'arrêter aux apparences extérieures, les formateurs ont à rejoindre l'action de Dieu à l'intérieur de chaque séminariste pour la servir le mieux possible.

Toute la tâche d'accompagnement et de discernement des différents cheminements vers le sacerdoce sera soutenue par la prière, la vie sacramentelle et la contemplation fidèle du travail de la grâce dans la vie des candidats. Seule cette recherche incessante peut nous indiquer la véritable pédagogie à suivre.

2. « Connaître Jésus-Christ c’est tout »

« Tout est renfermé dans la connaissance de Dieu et de Notre Seigneur Jésus Christ… cette connaissance seule peut faire les prêtres. »[19]

Les principes suivants orientent la formation de ceux qui la reçoivent, comme des responsables qui la conduisent :

« C'est Jésus-Christ qu'il faut chercher et poser comme fondement de tout… »[20]

« Tout doit sortir de la connaissance de Jésus-Christ, en particulier les fruits attendus de la formation. »[21]

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2.1. Le dynamisme « disciples – apôtres »

Dans son ouvrage, le « Véritable Disciple », le Père Chevrier contemple longuement Jésus Christ Verbe de Dieu. Il s’attache à recueillir dans les Écritures et la vie de l’Église les témoignages sur sa divinité. Ainsi retentit dans nos vies l'appel à prendre Jésus-Christ pour Maître, à devenir son disciple.

« Notre premier travail est donc de connaître Jésus-Christ pour être ensuite tout à lui. »[22]

Le disciple, c'est celui qui suit son Maître dans sa pauvreté, sa souffrance, son amour pour les hommes et dans ses prédications. Être disciple du Christ conduit à marcher à la suite de l'Envoyé du Père : annoncer aux hommes d'aujourd'hui la Bonne Nouvelle du salut ne peut se faire que par celui qui accueille dans sa propre vie Jésus-Christ comme le tout de son existence.

A l'école du Père Chevrier, entrer dans ce dynamisme, où être disciple et être apôtre ne font qu'un, est fondamental pour celui qui se prépare à devenir prêtre. Il ne s'agit donc pas de se préparer seulement à des fonctions, mais de s’attacher à la personne de Jésus-Christ Bon Pasteur et de le suivre.

2.2. Être configuré au Christ

« Jésus-Christ est le prêtre par excellence, il est le prêtre véritable, il est le bien aimé du Père. Il est notre modèle. Notre devoir est de l'imiter. »[23]

Les futurs prêtres se préparent à être signes du Christ Pasteur. Unis aux Évêques, ils montreront que l'Église naît de l'initiative salvatrice de son Sauveur. Dans l'ordination, « par l'onction de l’Esprit Saint, marqués d'un caractère particulier, ils sont configurés au Christ Prêtre ».[24] Ils sont ainsi rendus capables d'agir au nom du Christ en personne, en tant qu'Il est la tête de l'Église.

Ils sont au service du Peuple de Dieu pour l'annonce de l'Évangile aux hommes de ce temps. Serviteurs de l'initiative du salut du Christ, ils se préparent à collaborer avec les Évêques, leurs frères prêtres et tous les chrétiens pour que, nourri par les sacrements, le Corps du Christ s'édifie en prenant chair dans la vie des hommes et des peuples.

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Cette configuration au Christ prend tout l'être du ministre. II ne s'agit pas simplement de ressembler à Jésus-Christ par « les pouvoirs » mais de lui ressembler « par les vertus ».[25]

« Nous devons reproduire à l'extérieur et à l'intérieur les vertus de Jésus-Christ, sa pauvreté, ses souffrances, sa prière, sa charité. Nous devons représenter Jésus-Christ pauvre dans sa crèche, Jésus-Christ souffrant dans sa passion, Jésus-Christ se laissant manger dans la sainte Eucharistie. »[26]

2.3. Une connaissance vivante et actuelle

« L'étude de l’Évangile » (la lectio divina telle que l'a comprise et enseignée le Père Chevrier) et la prière tiennent une place privilégiée pour grandir dans la connaissance de Jésus-Christ et faire « passer Jésus-Christ dans sa vie ».[27] Connaître Jésus Christ, ses paroles, ses actions et l'aimer parce qu'auprès de lui est la vie, conduit à le suivre sur les chemins qu'il a lui-même tracés.

En accueillant aussi la vie de l'Église, nous découvrons le visage que prend le Christ aujourd'hui pour se faire connaître. L'Église, en effet, « continue et développe au cours de l'histoire la mission du Christ lui-même qui fut envoyé pour annoncer aux pauvres la Bonne Nouvelle. »[28] Nourrir sans cesse la connaissance de Jésus-Christ en approfondissant le mystère de l'Église est un chemin sûr pour qui se prépare au ministère presbytéral.

L’Esprit Saint « offre à tous d'une manière que Dieu connaît, la possibilité d'être associé au mystère pascal ».[29] Il nous entraîne à accueillir la vie des hommes à la lumière de la Parole de Dieu. Il nous permet de reconnaître la présence et les appels de Jésus Christ, de collaborer à son action et de pouvoir annoncer la Bonne Nouvelle du Salut. Ce regard contemplatif sur la vie, porté et vérifié en Église, ravivé et purifié dans la prière, est source de connaissance de Jésus-Christ et de dynamisme missionnaire.

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3. Une pédagogie tirée de l’Évangile

« Dans la fondation de l'Église, la plus grande œuvre du Tout-Puissant, la plus belle œuvre du monde, Notre Seigneur n'emploie aucun moyen extérieur. Il prend un homme auquel il communique sa vie, son esprit ; il en choisit Douze qu'il forme à la vie évangélique. »[30]

Pour former ses séminaristes, le Père Chevrier essayait le plus possible de vivre la démarche même du Christ formant ses apôtres. L'Évangile lui servait de référence pour développer une pédagogie qui est restée une des caractéristiques du Prado.

3.1. Une pédagogie active

Jésus-Christ s'occupait « constamment de la transformation intérieure de ses apôtres. Il les instruisait sans cesse, il les reprenait à chaque instant, il les mettait à tout, il les formait à tout. »[31]

« Instruire, reprendre et mettre en action, faire agir voilà la grande méthode pour former les gens et leur donner la vie intérieure. »[32]

« II faut laisser paraître les défauts pour avoir occasion de les reprendre et les corriger. Si on les force à se cacher, on ne peut les connaître et, par conséquent, les corriger. »[33]

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3.2. Une pédagogie s’exprimant dans la vie d’équipe

« Quand deux âmes, éclairées par l’Esprit Saint, écoutent la Parole de Dieu et la comprennent, il se forme dans ces deux âmes une union d’esprit très intime dont Dieu est le principe et le nœud. (…)

Et quand à ce lien spirituel vient se joindre la pratique de cette même parole, alors se forme une famille vraiment spirituelle, une communauté chrétienne, ayant Dieu pour fondement, sa divine parole pour lien et les mêmes pratiques pour but. »[34]

La communauté du séminaire est appelée à mettre en œuvre une telle vie fraternelle. Au séminaire du Prado, cela se concrétise, tout particulièrement, dans la mise en place d’une réelle vie d’équipe. C’est un lieu privilégié de partage, de discernement, de conversion et de prière qui contribue efficacement à la formation.

3.3. Une pédagogie de croissance dans l'amour

« L'amour de Dieu et du prochain, voilà le principe et la sève vivifiante de tout, qui doit produire tout en nous ; quand il y a cela dans une âme, il y a tout ce qu'il faut. »[35]

Il s'agit de faire agir « par le cœur et non par le signal » (id.). Ou encore, comme le dit le Père Chevrier, « c'est l'intérieur qui doit produire l'extérieur ».[36]

« Voilà le principe de toutes nos actions : la charité, l'amour, la vie de Dieu ; l'esprit de Jésus-Christ est dans la charité : c'est là le principe de vie qui vient du Saint-Esprit qui est amour par essence. »[37]

3.4. Une pédagogie au service de l’intelligence spirituelle.

Elle doit permettre le discernement entre ce qui est essentiel et ce qui n'est que de circonstance. Ainsi, on évitera de ressembler à ceux qui « laisseront le beau, le grand, l'utile, pour ne réfléchir et ne penser qu'à une petite faute, à un rien qui les occupera et leur fera perdre le fruit d'une instruction ou de quelques bons exemples. »[38]

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En profitant de toutes les diverses circonstances de la vie, on cherchera à former l'intelligence du cœur en unifiant tout dans l'amour du Père et des hommes.

3.5. Une pédagogie ecclésiale

Le Père Chevrier souhaitait que ses séminaristes soient formés en lien étroit avec la vie de l'Église. Nous accorderons une grande place aux communautés chrétiennes dans lesquelles les séminaristes sont insérés. C'est à leur contact que pourront être formés des apôtres capables de comprendre les hommes, et de trouver leur place au cœur et au service de la communauté chrétienne. C'est là qu'ils pourront expérimenter le lien intime entre l'envoi en mission et la célébration des sacrements, en particulier l'Eucharistie. C’est là aussi que par un enracinement authentique dans l’Église diocésaine, ils s’ouvriront aux appels de l’Église universelle.

3.6. Une pédagogie au service de la formation des pasteurs.

L’Église est sans cesse convoquée et envoyée dans le monde pour la gloire de Dieu et le salut des hommes. Le but de la formation est de préparer des prêtres pour l’annonce de l’Évangile. Sur les chemins de la rencontre des hommes, en Église, l’Esprit Saint nous enseigne un rapport au monde original, qui est celui des ministres que Dieu se choisit.

Par leur insertion dans les réalités humaines et ecclésiales, les séminaristes apprennent à être des hommes exposés au monde, fondés dans le Christ, libres et pleins d'audace pour la mission. Cela est particulièrement important dans les évolutions engendrées par la mondialisation et par les nouvelles manières de s’informer et de communiquer.

Au fur et à mesure qu'ils progressent dans leur formation, ils entrent davantage au service de leurs frères et sœurs et de la construction du corps du Christ.

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4. Exigences pour les formateurs

Si, à leur niveau, les séminaristes sont responsables de leur formation et de leur propre ouverture à l'Esprit de Jésus-Christ, des exigences particulières s'adressent aux formateurs.

4.1 Un homme de foi et de prière

« Ce n'est pas le livre qui instruit, c'est le prêtre. »[39]

Le formateur doit être un homme de foi et prière, un homme conscient de sa faiblesse qui a au cœur l'amour de Dieu et de ses frères, surtout des plus pauvres, un homme qui aime passionnément l'Église, parce qu'elle est sainte, mise à part pour porter le don de Dieu à tous les hommes.

« Je me suis retiré à Limonest pour travailler et prier afin de pouvoir leur (les jeunes diacres) parler avec l'Évangile. Je sens toute l'importance de cette affaire et je sens combien j'ai besoin de la grâce de Dieu et de sa lumière pour arriver à quelque chose de solide, de vrai et de durable. Je sais qu'il n'y a que l'autorité de Notre-Seigneur qui peut donner de la force et de l'appui auprès d'eux et qu'il faut que je me nourrisse de sa vie, de ses paroles pour pouvoir parler en son nom, c'est bien difficile. Je me recommande donc bien à vos prières pour obtenir quelque résultat. »[40]

4.2. Docile à l’Esprit Saint

Pour travailler en union avec l'Esprit de Dieu, il ne suffit pas d'être des hommes de foi et de prière, il faut encore s'ajuster sans cesse au travail de l'Esprit dans l'Église et dans la personne de ceux qui sont formés. Dans son travail de formation, le formateur est appelé sans cesse à se maintenir « au niveau du mystère caché dans cette tâche. Le Christ prend avec lui, pour les former, ceux qu'il appelle à sa suite. Mystère qui se réalise à travers la personne de ceux qui ont mission de former à la vie évangélique. »[41]

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Il est donc essentiel pour les formateurs de prendre du temps pour discerner, contempler et accueillir le travail de l'Esprit dans la personne des séminaristes. Ainsi ils enracinent leur ministère auprès de ceux-ci dans ce que Dieu a commencé en eux, et peuvent agir « en union avec cet Esprit de Jésus-Christ, notre Maître et notre Lumière. »[42]

« II faut communiquer cette sève dans les âmes que l'on instruit et, pour la communiquer, il faut l'avoir, il faut donner la grâce, la vie, la foi, l'amour vivifiant et cela ne se donne pas si on ne l'a pas et on ne l'acquiert pas sans peine et sans Dieu. C'est un travail spirituel bien plus difficile que le travail matériel. »[43]

4.3. Assumant la charge qui lui a été confiée

Dans son travail de discernement, d'accompagnement, de gouvernement, le formateur cherchera à entrer le plus possible dans la démarche de Jésus-Christ formant ses apôtres.

« INSTRUIRE : être plein de l'esprit de Dieu pour le communiquer à chaque instant à tous…

REPRENDRE : c'est là un grand devoir. II ne suffit pas de dire, il faut reprendre, arracher les mauvaises herbes, avertir les gens de leurs défauts, les leur faire connaître et comprendre et les aider à les arracher. Grand devoir : c'est parce qu'on ne reprend pas assez que le champ du Père de famille est envahi par le mal. Il faut constamment arracher le mal, à mesure qu'on l'aperçoit.

FAIRE FAIRE : il faut aussi faire faire, faire exécuter ce que l'on a commandé et ordonné. C'est là qu'il faut vraiment du courage, de la fermeté et de la persévérance pour faire exécuter aux autres ce qu'on a jugé bon. »[44]

Cette mission de formation à la suite de Jésus Christ demande de servir la liberté profonde de chaque séminariste, dans une attitude alliant à la fois une réelle proximité et une juste distance respectueuse du cheminement de chacun. Il s’agit d’exercer l’autorité à la manière de Jésus-Christ, formant ses apôtres.

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4.4. En Église

Le travail de formation se fait en Église. Le formateur n’est pas seul, son ministère s’exerce au sein d’une équipe, sous la responsabilité du Recteur, en relation suivie avec les diocèses qui ont confié des séminaristes. Ce dernier, animé par l’Esprit de Dieu se doit d’exercer sa charge avec, comme le dit le Père Chevrier, « une charité forte et éclairée. »[45] Il se rappellera « qu’il n’y a qu’un seul Maître et Supérieur qui est Jésus-Christ. »[46]

Le recteur veillera à rester en relation suivie avec les diocèses qui ont confié des séminaristes.

« Afin de marcher avec assurance dans « les voies du Saint Esprit »,[47] nous chercherons, pour nous y conformer, à entrer dans l’intelligence des orientations et des décisions de « notre Saint Père le Pape »[48], de nos évêques et de tous ceux qui ont autorité et responsabilité à notre égard. »[49]

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Chapitre III : Le processus de formation

1. Les étapes de la formation

1.1. Accueil des séminaristes et attitude des formateurs

« Jésus le regarda et se prit à l'aimer ; il lui dit 'Une seule chose te manque. Va, ce que tu as vends-le, donne-le aux pauvres… puis viens, suis-moi. »[50]

1.1.1. Aimer

Ce regard d'amour pour l'œuvre de Dieu dans la vie d'un homme est l'attitude première et fondamentale pour le formateur qui accueille un séminariste. Il est devant un croyant qui se dispose à servir son Maître.

1.1.2. Recueillir

A l'exemple du Christ, le formateur cherchera ce que Dieu a déjà communiqué de sa vie pour pouvoir proposer de nouveaux pas à faire en réponse à l'appel reçu. Il s'appliquera à repérer dans la vie ecclésiale du séminariste, les hommes et les femmes qui ont servi la rencontre entre le Seigneur et celui qui se destine à le suivre. Il devra ainsi, au début de la formation du séminariste, se rendre dans son diocèse, dans la mesure du possible, afin de pouvoir rencontrer ceux et celles qui ont contribué à former ou à susciter chez le jeune l'écoute et la réponse à l'appel de Dieu. Auprès d'eux, il recueillera avec attention tout ce qui indique le travail de Esprit Saint. Après cette démarche, les formateurs du Séminaire pourront ainsi plus facilement exercer leur tâche à la suite du seul Maître et envisager une pédagogie adaptée qui prend en compte à la fois ce que l'Église a déjà instruit chez le jeune mais aussi ce qui n'a pas encore été ouvert ou développé de sa connaissance de Dieu, de l'Église ou du monde.

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1.1.3. Fortifier la vie intérieure

Ce temps d'accueil et de discernement est particulièrement important pour travailler avec l’Esprit Saint qui vient achever « ce que Dieu a commencé » (Rituel d'ordination). Dans le travail de formation, il s'agit principalement de fortifier la vie intérieure, et de permettre des transformations qui font advenir un « véritable disciple » du Christ. « Instruire, reprendre, mettre à tout » afin de faire apparaître la sève intérieure que Dieu a mise en celui qu'il se choisit.

1.2. L'insertion humaine et ecclésiale

Le Séminaire est une communauté de disciples formant des apôtres au sein d’une Eglise toute orientée par la mission.

A partir de ce qu'on a pu accueillir dans la vie du séminariste, à partir de ce qu'on a pu discerner des chemins à ouvrir dans sa vie, le séminaire, comme école apostolique, propose un enracinement humain et ecclésial. Cela permet d'accueillir avec sérieux la vie des hommes d'aujourd'hui et de travailler en Église dans le but de se préparer à être appelé au ministère presbytéral. Cette proposition tiendra compte de la diversité des cultures et des expériences ecclésiales. L’équipe des formateurs veillera, en fidélité au charisme du Prado, à ce que les séminaristes développent une attention particulière à la vie des pauvres, et à la manière de leur annoncer l’Évangile.

1.3. Une progression dans la formation vers le ministère presbytéral

Dans un premier temps, il s'agit de vérifier l'attrait pour Jésus-Christ dans la vie du séminariste, ses dispositions pour faire grandir et mûrir sa foi, ainsi que les aptitudes humaines fondamentales à l'exercice du ministère.

Il s'agira entre autres de mesurer la capacité d'intégrer des éléments nouveaux et la parole des autres ainsi que l'aptitude à la relation. Apprenant à tout comprendre dans la lumière du Christ, le séminariste s'éveillera à la responsabilité de l'apôtre.

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Il pourra développer la volonté d'organiser sa vie selon les intentions de l'Église et de l'Évangile en prenant souci des intérêts du Christ, tels qu'ils se sont déjà révélés à lui ou tels qu'ils lui sont indiqués par ceux que la formation met sur sa route.

Dans cet approfondissement du mystère du Christ et de l'Église, se mûrit également la décision ferme de suivre le Christ dans le célibat et de s'attacher à Lui « pour se consacrer au service de Dieu et des hommes ».[51]

Capable de déterminer sa vie en accord avec la foi qu'il professe, le séminariste pourra être admis à progresser vers le ministère presbytéral.

Ensuite, on permettra au séminariste de chercher à établir sa vie, librement et volontairement, comme totalement consacrée au service du Christ dans son Église. Il aura une attention particulière à tous ceux qui, déjà, collaborent à l'œuvre de Dieu, qu'ils soient laïcs ou prêtres. Avec eux, il prendra une part plus importante, dans ce travail, en mesurant l'importance de la Parole de Dieu et du rassemblement du Corps du Christ. Il commencera à développer les attitudes humaines et spirituelles qui seront indispensables à la réception des ministères de lecteur et d'acolyte.

Quand il sera institué, le séminariste veillera à servir la Parole de Dieu dans la vie des croyants, et à faire s’épanouir dans la vie de la communauté, les fruits de la célébration eucharistique. De manière plus forte encore qu'auparavant, cela lui demandera de se nourrir de la Parole de Dieu par l'étude de l’Évangile, et d'accueillir la Tradition vivante de l'Église par le travail théologique.

Comme diacre, engagé définitivement dans le célibat, il est ordonné en vue de l'édification de l'Église dans un esprit de service. Durant ce temps, il enracinera en lui la conviction que toute responsabilité dans l'Église est un service. Il le découvrira tout spécialement au contact des pauvres et à travers les actes ministériels qu'il sera amené à poser : prédication, célébration du baptême, du mariage, des funérailles.

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2. Les dimensions de la formation

2.1. Formation humaine

Outre le discernement des aptitudes fondamentales, spirituelles, morales, intellectuelles, physiques et psychiques,[52] la formation humaine portera essentiellement sur :

–     la formation à la liberté spirituelle permettant de répondre personnellement et librement à l'appel de l'Église au ministère presbytéral. Cela se traduit par un détachement par rapport aux biens matériels, tout en prenant conscience de la dimension économique et d’une nécessaire aptitude à la gestion de l’argent et des biens de l’Église. La formation à la liberté spirituelle s’exprime aussi par une réelle indépendance à l'égard de toute contrainte culturelle, sociale, familiale, entre autres, et par une entière disponibilité au service de l'Évangile. C'est en toute liberté que devra se faire le choix définitif du célibat, au moment de la demande de diaconat. Le Séminaire aura le souci de former par des moyens appropriés à une vie affective équilibrée, et à une réelle capacité d’aimer dans la chasteté, aux différentes étapes de la formation. Des sessions à ce sujet seront régulièrement organisées avec la contribution de personnes compétentes. Un suivi en psychothérapie pourra être proposé à tel ou tel séminariste, si cela s’avère souhaitable.

–     la formation aux attitudes humaines fondamentales d'un prêtre diocésain :

  • la capacité de faire sien l'envoi par l'Évêque dans une obéissance confiante,
  • la capacité de se lier à la recherche humaine et spirituelle des hommes qui lui sont confiés,
  • la capacité d'accueillir le cheminement des personnes et des groupes, et de prendre des initiatives en témoin de l'Évangile et serviteur du Peuple de Dieu,
  • la capacité d'être signe du Christ-Tête au sein de la communauté chrétienne.

… tout cela en suivant le Christ dans sa charité pastorale et sa compassion pour les hommes.

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2.2. Formation à la vie intellectuelle

2.2.1. Une théologie évangélique et pastorale

Fidèle à l'esprit du Père Chevrier, aux directives de l'Église et aux besoins des diocèses et en tenant compte des aptitudes propres, chaque séminariste aura une formation solide à la vie intellectuelle. Là comme en tout, il s'agit de mener les études en disciples du Christ : une solide formation philosophique et une théologie nourrie par la vie et la foi de l'Église, ouverte aux questions et aux recherches des hommes d'aujourd'hui, enracinée dans la Tradition et la réflexion théologique systématique.

A cause du souci pastoral « qui doit imprégner absolument toute la formation des séminaristes »[53], le Prado se sent particulièrement responsable de la formation philosophique et théologique des séminaristes. Le programme des études de chaque séminariste sera précisé avec lui, en concertation avec les directeurs des études de l’Institut Catholique de Lyon dont il suit les cours. Ce programme est fixé en fonction de la formation intellectuelle antérieure et des capacités que l’on peut discerner. Le Séminaire assure un accompagnement personnel des études : suivi des cours, et préparation des devoirs, proposition de travail en groupe, tutorat.

Ceux qui sont aptes à préparer des diplômes universitaires s'inscriront dans ce but à la Faculté de théologie et pourront ainsi préparer l'obtention d'un grade canonique, d’autres suivront les cours et passeront les examens en tant qu’« étudiants libres ».

2.2.2. Une démarche intellectuelle sérieuse

Exercer son intelligence avec une certaine rigueur, demande d'apprendre :

–     à distinguer les divers aspects d'une question,

–     à entrer dans la pensée d'un auteur,

–     à utiliser le langage et les outils propres à chaque discipline,

–     à établir des liens entre les différentes démarches, à produire un travail écrit,

–     à vérifier sa compréhension des cours suivis lors des examens et dans la confrontation aux autres.

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2.2.3. Les lieux de formation intellectuelle

Le Séminaire du Prado travaille en lien avec les autres instances de formation intellectuelle présentes dans le diocèse de Lyon (Faculté Catholique de Théologie, de Philosophie, Séminaire Saint Irénée).

2.2.4. En référence à la « Ratio Studiorum »

Soit directement, soit en ayant recours aux différentes possibilités de formation intellectuelle offertes dans le diocèse de Lyon, le Séminaire du Prado assure la formation intellectuelle des séminaristes telle que la définit la « Ratio Studiorum » établie par l'Episcopat pour les Centres de Formation en France.

2.3. La formation à la vie pastorale

Dès le début de sa formation, le séminariste est enraciné dans la vie des hommes et de l’Église sous des modes définis par l'équipe des formateurs. Pendant le 1er cycle (Philosophie), il sera attentif à discerner l'œuvre de Dieu et à y participer à travers les services qui lui seront demandés, à en faire l’objet de sa réflexion intellectuelle et de sa prière, à développer sa conscience apostolique.

Au cours du 2nd cycle (Théologie), il approfondira ce que représente la responsabilité de ministre. Il s'agit pour lui, d'entrer de plus en plus dans une responsabilité ecclésiale, de communier au souci pastoral du Christ. Il est nécessaire qu’il apprenne à susciter et à encourager les baptisés à prendre toute leur place dans l'Église et dans le monde, et à travailler avec les responsables de la pastorale, en particulier les ministres ordonnés, les diacres et les prêtres. Progressivement, il se formera à être ministre de la Parole de Dieu, et à servir la vie sacramentelle des chrétiens, en particulier l’eucharistie.

Au moment opportun, si cela s’avère utile, il pourra être proposé au séminariste, en concertation avec son diocèse, un temps de stage pastoral.

L’initiation à la vie pastorale se fait ainsi progressivement, en respectant les différentes étapes de la formation. Si le séminariste peut être « utile » à la vie des communautés, il a surtout besoin d'être formé. Les différentes insertions sont donc avant tout des lieux de formation, et les formateurs n'hésiteront pas à demander aux prêtres ou aux laïcs en responsabilité dans ces lieux de consacrer du temps pour reprendre avec les séminaristes les questions qu'ils se posent.

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Dans cette formation, il s'agit d'apprendre à travailler très concrètement comme ministre dans l'Église diocésaine, avec le souci particulier d’annoncer l’Évangile, comme le dit le Père Chevrier, « aux pauvres, aux ignorants et aux pécheurs ». Le séminaire du Prado, dans sa dimension internationale et dans un souci d’ouverture à l’Église universelle, veillera à prendre en compte la diversité des cultures et des traditions religieuses. A travers toute la formation à la vie apostolique et pastorale, il s’agit surtout de laisser l'Esprit former en nous l'homme intérieur « à l’exemple de notre Seigneur Jésus-Christ, Maître, Prêtre et Pasteur ».[54]

2.4. La formation à la vie spirituelle

Celle-ci se déploie tout au long de la formation. Formateurs et séminaristes auront à se maintenir sous la mouvance de l'Esprit. C'est en effet dans la docilité à l’Esprit Saint que se renouvelle notre relation à Dieu, et notre rapport au monde et à l'Église. Pôle unificateur de la formation, la vie spirituelle vise à former des croyants pénétrés de l'Évangile, appelés à la sainteté, et des pasteurs spirituellement investis dans l'exercice de la charge pastorale.

Le Père Chevrier nous rappelle sans cesse que « connaître Jésus Christ, c’est tout », et que cette connaissance seule peut « faire les prêtres ». C’est pourquoi, au Séminaire du Prado, nous insistons particulièrement sur les points suivants :

–     « Suivre Jésus Christ dans sa prière » et se former à une vie d’oraison. « L'oraison est le lieu privilégié où se fait l'étude de Jésus-Christ telle que la comprend le Père Chevrier. En se tenant devant Dieu dans une attitude filiale, on apprend à connaître, à aimer et à suivre Celui qu'on a pris pour maître. Mais parce qu'on est entré par l'oraison dans la connaissance de la personne et du message de Jésus, on est aussi rendu capable de bien parler de lui ; parce qu'on a appris à l'estimer plus que tout, on peut parler de lui avec admiration et amour, faisant ainsi découvrir toute la beauté de Jésus-Christ et de son Évangile ;

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      parce que on a fait passer Jésus-Christ dans sa vie au point de reproduire sa pauvreté, son sacrifice, sa charité, la parole du catéchiste est crédible et peut être reçue des pauvres à qui elle est proposée. »[55] Une initiation progressive sera donnée pour entrer dans le silence et la gratuité de l’oraison.

–     Apprendre à prier la prière de l'Église en lien avec les joies et les espoirs des hommes de notre temps. Deux offices au moins sont priés en commun dans la communauté. Un réel apprentissage et une éducation à cette prière sont nécessaires pour qui se destine à prier en pasteur de son peuple.

–     Donner une place prépondérante à l'Évangile. C’était la conviction du Père Chevrier, et cela le reste aujourd’hui au Séminaire du Prado. Le séminariste est invité à travailler l'Évangile pour étudier Jésus-Christ. Il apprendra à faire de l'Évangile la règle de sa vie. C'est là qu'il puisera la lumière pour lui-même et pour ceux qu'il est amené à rencontrer. Lu en Église, l'Évangile 1'ouvrira à l'Esprit de Jésus-Christ. Une proposition « d’étude d’Évangile », dans l’esprit du Père Chevrier, est faite au Séminaire chaque année. Cette étude se réalise personnellement et en équipe de vie, de jour en jour, de semaine en semaine. « Aucune étude, aucune science, ne doit être préférée à celle-là. C’est la plus nécessaire, la plus importante, surtout à celui qui veut être prêtre, son disciple, parce que cette connaissance seule peut faire des prêtres. »[56] « Connaître Jésus-Christ, aimer Jésus-Christ, imiter Jésus-Christ, suivre Jésus-Christ, voilà toute notre vie. »[57]

–     Célébrer l’Eucharistie, source et sommet de la vie du disciple. C’est là que le séminariste entre en communion avec « l’Esprit d’amour qui brille dans le Christ ressuscité, Pain de vie pour tout homme », ce qui le rendra capable de devenir du « bon pain ».

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      « Dans le mystère de l’Eucharistie, en communiant à la Parole et au Corps du Christ, le séminariste est invité à s’offrir chaque jour en sacrifice, afin de devenir une nourriture pour tous ceux qui cherchent une réponse d’amour, de vérité et de libération définitive. Nous prendrons pour devise de charité cette parole de Notre Seigneur : Prenez et mangez, nous regardant comme un pain spirituel qui doit nourrir tout le monde par la parole, l’exemple et le dévouement ».[58] Pour faire grandir le sens de l’Eucharistie, des temps d’adoration eucharistique sont proposés.

–     Vivre le sacrement de réconciliation. « Il est plus que jamais urgent de faire redécouvrir, à l'intérieur de la formation spirituelle, la beauté et la joie du sacrement de pénitence ».[59] Le Séminaire veille à ce que chaque séminariste estime ce sacrement, et le pratique régulièrement et avec fruit. C’est avec le Directeur spirituel que ce sacrement est célébré habituellement.

–     Se mettre à l’école de la Vierge Marie, modèle du disciple. Le Séminaire sera attentif à mettre en valeur le mystère de Marie dans la vie de l'Église et du chrétien comme l'a fait lui-même le Père Chevrier : « Le rosaire, écrivait-il, a été établi pour nous rappeler la vie de Notre Seigneur et nous montrer les vertus qu’il a pratiquées lui-même sur la terre, afin que nous puissions les pratiquer nous-mêmes, puisqu’il est notre modèle ».[60]

–     Connaître divers maîtres spirituels. Parmi eux, le Père Chevrier tient une place de choix. L'étude des maîtres spirituels et des saints a pour but, non pas d'abord d'acquérir ou d'entretenir une culture religieuse, mais de laisser notre propre recherche être guidée par ces grands témoins de notre foi.

–     Prendre des temps de récollections et de retraite pour méditer ce que fait Dieu quand il forme ceux qu'il appelle à son service. Ce sont des temps privilégiés où les séminaristes peuvent se mettre en face de leur vie, en face de l'Évangile et s'ouvrir à l’Esprit Saint pour discerner l’appel de Dieu et y répondre.

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Pour permettre cette formation spirituelle, la place de l’accompagnement spirituel est essentielle. Le Séminaire désigne pour chaque séminariste un Directeur spirituel, et veille à la qualité et à la régularité de cet accompagnement.

2.5. L'unification de la vie : vers une vie de pasteur

Dès le temps de formation, les séminaristes ont à unifier leur vie au cœur d'activités et d'obligations diverses. Cela ne se fera pas par une organisation purement extérieure mais en suivant le Christ dans sa charité pastorale. Ainsi pourront-ils s'unir au Christ dans la découverte de la volonté du Père et dans le don d'eux-mêmes aux hommes qui leur sont déjà confiés.

Pour que la vie des séminaristes s'unifie dans la suite du Christ, comme le Père Chevrier l'a exposé dans le Tableau de Saint-Fons :

–     Les séminaristes seront invités à s’unir au Verbe de Dieu « qui s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté ». Puisque la pauvreté a été son caractère distinctif et qu’il a proclamé bienheureux les pauvres de cœur, en aimant avec lui les pauvres de ce monde, nous sommes invités à trouver des formes de vie personnelle simples et pauvres qui nous rapprochent de ceux qui connaissent la pauvreté sans l’avoir choisie. Le séminariste s’habituera à se contenter du nécessaire, et à partager les diverses tâches indispensables à la vie quotidienne dans un esprit de service et de fraternité. « Le prêtre est un homme dépouillé ».

–     A la suite du Christ obéissant au Père, les séminaristes s’entraîneront à renoncer à leur volonté propre pour entrer dans la docilité à l’Esprit Saint. » « Le prêtre est un homme crucifié ».

–     Les séminaristes approfondiront leur attachement à la personne de Jésus Christ dans une vie donnée sans partage à Dieu et aux hommes pour la mission. L’accueil de la grâce du célibat et la formation à la vie affective au cœur du ministère feront l’objet d’une attention particulière. En devenant du « bon pain », « Le prêtre est un homme mangé ».

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Seul l’Esprit Saint peut réaliser en nous cette unification en nous configurant au Christ. L'effort permanent est de discerner ses appels, de se mettre à son écoute, de ne pas étouffer l'Esprit en se rappelant qu'il n'y a qu'un seul fondement : Jésus-Christ et son Église.

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Chapitre IV : Le rapport aux diocèses

1. Les conditions d’entrée au séminaire du Prado

L’Association des Prêtres du Prado étant un Institut séculier de prêtres diocésains de droit pontifical, le rapport aux Évêques et aux Églises diocésaines est essentiel.

Peut être admis au Séminaire du Prado :

–     Celui pour lequel la formation mise en œuvre à partir du charisme du Prado peut apparaître, pour l’Évêque qui l’envoie et pour l’intéressé, comme un chemin bénéfique pour le développement de sa vocation de prêtre diocésain.

–     Celui qui manifeste un attrait pour la vocation pradosienne et qui désire être formé, envoyé par son Évêque, dans une institution qui vit de ce charisme.

–     Celui qui se sent appelé à consacrer sa vie au service du Prado et de sa mission et dont la demande est acceptée par le Responsable Général. Ce cheminement aboutit à une incardination au Prado à la suite de l’engagement perpétuel dans l’Institut.

Dans tous les cas, celui qui entre au Séminaire du Prado doit savoir qu’il entre dans une institution qui cherche à vivre de la « grâce » reçue par le fondateur du Prado (le Bienheureux Antoine Chevrier) et souhaiter être formé dans cet esprit.

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Cela lui demande de connaître de manière suffisante ce qu’est la formation particulière dispensée par le Prado mais n’implique pas qu’il soit tenu d’être membre du Prado, ni à l’entrée ni à la sortie du Séminaire.

2. Le délégué diocésain

Le délégué de l’Évêque auprès des séminaristes est :

–     Porteur des soucis et des efforts du diocèse tant auprès des formateurs que des séminaristes. Il partage les recherches, les orientations et décisions prises par le diocèse pour qu’on puisse en tenir compte dans la formation.

–     Garant du lien avec le diocèse. Le souci légitime des Évêques est que le séminariste formé en dehors du diocèse ne perde pas le lien avec l’Église diocésaine pour laquelle il se forme.

–     Le délégué est chargé de veiller à ce que ce lien soit suffisamment consistant et alertera l’équipe du Séminaire s’il lui apparaissait que ce lien se relâche.

–     Interlocuteur pour le séminaire. Sauf cas particulier, c’est lui qui est l’interlocuteur habituel entre le diocèse et le Séminaire. Il est utile et nécessaire qu’il puisse rencontrer le Conseil du Séminaire pour faire le point sur le parcours et l’évolution du séminariste concerné, particulièrement au moment des grandes étapes de son cheminement.

3. Lien avec les évêques

Le Recteur du Séminaire communique à l’Évêque l’avis du Conseil durant toute la formation du séminariste, en particulier pour l’admission, les Institutions, l’ordination diaconale et l’ordination presbytérale.

Le Séminaire sera donc en lien avec les Évêques, autant par le Recteur que par le Délégué diocésain auprès des séminaristes.

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On favorisera aussi la visite des Évêques au Séminaire du Prado. C’est un temps fort permettant à ceux qui se destinent à devenir coopérateurs des Évêques dans leur charge pastorale de mieux entrer dans la mission de l’Église.

4. Financement

Les frais de formation sont normalement pris en charge par les diocèses qui envoient les séminaristes.

Ces frais comportent :

–     Une somme versée directement au SEMINAIRE pour assurer le coût de la nourriture et de l’hébergement, les inscriptions à l’Université Catholique, les intervenants, les sessions, les récollections et les retraites, les déplacements des formateurs, les frais généraux du Séminaire…

–     Une somme versée directement à chaque SEMINARISTE pour lui permettre d’assurer le financement de ses déplacements ordinaires ainsi que ses dépenses personnelles.

–     Si des séminaristes ou des familles en ont la capacité, ils peuvent contribuer librement aux frais de la formation.

–     Pour la couverture sociale des séminaristes français (assurance maladie, responsabilité civile, vieillesse…) chaque diocèse fait les démarches nécessaires selon les directives actuellement en vigueur (affiliation des séminaristes à la CAVIMAC et MSM, ceci depuis juillet 2006.)

      Pour les cas particuliers, ainsi que pour les séminaristes d’autres nationalités, le Séminaire fait le nécessaire pour une inscription auprès de la Sécurité Sociale, régime étudiant, avec une complémentaire (ou toute autre assurance volontaire) et demande le remboursement aux diocèses.

N.B. Les formateurs ne sont pas pris en charge par les allocations versées au Séminaire par les diocèses. Ils sont « rétribués » directement par le Prado.

(Ajout à la charte : Les diocèses de pays pauvres qui envoient un séminariste au séminaire du Prado payent au moins ce qu’ils auraient payé chez eux après accord avec le responsable général)

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De même, c’est le Prado qui assure l’entretien des bâtiments, des locaux ainsi que le bon fonctionnement et le renouvellement des moyens mis à la disposition du Séminaire et des séminaristes (bibliothèque, journaux, réseau informatique et téléphonique, photocopie…)

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Chapitre V : La vie du séminaire

« La nature profonde du Séminaire est d’être, à sa manière une continuation, dans l’Église, de la communauté apostolique groupée autour de Jésus, à l’écoute de sa parole, en marche vers l’expérience de la Pâque, dans l’attente de l’Esprit donné pour la mission ».[61]

1. Les personnes

1.1. Le Recteur et les autres formateurs

L’institution du Séminaire est sous la responsabilité du Recteur nommé par le Responsable Général du Prado. Le Recteur agira au nom du Séminaire et veillera au bon déroulement de l’ensemble de la formation. Il est seul habilité à rendre compte des délibérations du Conseil. Sur son initiative, diverses responsabilités pourront être réparties entre les formateurs : économe, professeur, prédicateur de retraite.

Sous sa responsabilité, l’équipe des formateurs est chargée de l’accompagnement, du discernement et de la formation au ministère sous tous ses aspects. Le Recteur porte la responsabilité dernière de la présentation à l’admission, aux institutions et aux ordinations.

Les formateurs sont nommés par le Responsable Général du Prado avec l’accord des Évêques dont ils dépendent. Mis à la disposition du Prado, ils exercent leur mandat pour une durée déterminée.

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1.2. Les Directeurs spirituels

Plusieurs prêtres sont sollicités pour la direction spirituelle des séminaristes. Ils ne sont pas membres de l’équipe animatrice, mais ils sont choisis pour leur connaissance des impératifs et de l’esprit de la formation au ministère.

Ces prêtres permettent au séminariste de faire le point sur son cheminement personnel. Ils le guident dans le travail sur des points de formation spirituelle (oraison, sacrement de la pénitence…) ; ils aident au discernement de la vocation et veillent à ce que les décisions soient prises en toute liberté.

L’avis des Directeurs spirituels n’est jamais sollicité pour les décisions à prendre par le Conseil concernant les séminaristes qu’ils accompagnent. En revanche, le Recteur tient les Directeurs spirituels informés de la vie du Séminaire ainsi que des décisions du Conseil concernant leurs dirigés.

1.3. La communauté du Séminaire

Le Séminaire est une communauté dont les membres, formateurs et séminaristes, sont appelés à devenir une continuation de la communauté apostolique groupée autour de Jésus, à l’écoute de la parole. Comme véritables disciples de l’unique Maître, ils sont liés par une amitié et une charité profondes, pour constituer dans la joie une vraie famille.

Pour favoriser une véritable connaissance entre ses membres et permettre à chacun d’être protagoniste de son propre parcours de formation, les séminaristes sont regroupés en équipes de vie. Chacune est accompagnée par un des formateurs, excepté le Recteur pour garantir au mieux la liberté de parole et le partage.

La vie d’équipe est un espace important de confrontation et de recherche ; on a la possibilité de prier en commun, partager l’étude d’Évangile, les parcours personnels, les difficultés de la vie individuelle, familiale et les soucis de la vie apostolique.

La vie en commun, avec tous les aspects de la prise en charge des différentes responsabilités inhérentes à une maison de formation : la liturgie communautaire, le ménage, la vaisselle, etc., permet d’expérimenter la manière dont nous nous prenons en charge comme hommes, et c’est une manière aussi de vivre modestement, dans le concret, la pauvreté évangélique en solidarité avec tous les pauvres de la terre.

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Dans la démarche que nous appelons « Révision de vie » nous apprenons à accueillir la vie des hommes à la lumière de l’Évangile pour mieux suivre le Christ au cœur de la vie quotidienne.

2. Les lieux

Le bâtiment du Séminaire, situé à Limonest, près de Lyon, est le lieu de résidence habituel pour la semaine. Le week-end, les séminaristes rejoignent le plus souvent leurs paroisses d’insertion.

Pour leurs études, les séminaristes suivent la plupart de leurs cours à l’Université Catholique de Lyon.

Les séminaristes entrent en contact avec les réalités pastorales multiples du diocèse de Lyon, surtout dans les paroisses d’insertion où ils sont accueillis et accompagnés par les curés et les différents laïcs engagés dans la tâche de l’évangélisation.

L’insertion pastorale est un moment important de confrontation et de recherche. Chacun d’entre eux est appelé à se laisser interpeller par la vie des hommes et femmes d’aujourd’hui ; c’est un espace d’écoute et d’apprentissage. L’insertion se fait d’une manière graduelle, en fonction des différentes étapes de la formation.

3. Les temps

3.1. Organisation de l’année

La rentrée du Séminaire précède la rentrée universitaire et la reprise des activités pastorales. Elle a lieu généralement début septembre. Le rythme du Séminaire tient compte du calendrier universitaire et du calendrier pastoral.

Une session de rentrée ouvre l’année. C’est un temps fort, non seulement de démarrage des activités de formation, mais aussi d’enracinement dans les fondements de la spiritualité pradosienne.

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Deux retraites (au début et au milieu de l’année) et deux recollections ont lieu pendant l’année. Chacune marque un temps fort de réflexion et d’enracinement de la vocation dans le Christ, donnant les moyens d’une expérience spirituelle plus soutenue et un discernement vocationnel plus lucide.

Pendant les vacances scolaires, les séminaristes sont invités non seulement à prendre le temps nécessaire pour le repos mais aussi à vérifier et à décanter les découvertes faites au cours des mois passés. Préalablement on prendra le temps nécessaire pour réfléchir sur la manière dont ils pourront profiter de ce temps. Au retour, on permettra une relecture de ce qui s’est passé pour tirer profit de cette expérience.

3.2. Organisation de la semaine

La semaine démarre le dimanche soir avec la prière en commun des vêpres. Des moments forts, individuels et communautaires, marquent la vie de formation pendant la semaine :

  • La matinée spirituelle : moment privilégié pour s’exercer d’une manière personnelle, en groupe et en communauté à la pratique spirituelle de l’étude d’Évangile ; elle se fait à partir d’un thème choisi pour toute l’année et suivant un calendrier fixé. Ce thème est approfondi, d’une manière plus méthodique par la participation de plusieurs intervenants spécialisés. Chaque intervention est suivie d’une reprise personnelle et en groupe.
  • La réunion d’Equipe de vie : moment aussi très important de la semaine. Elle se fait pendant une matinée ou un après-midi. Au début de l’année on convient entre les membres de l’équipe du moment le plus favorable en tenant compte de l’emploi du temps académique de chacun.
  • Une réunion communautaire est prévue une fois par semaine ; elle se fait normalement le soir ; moment important pour faire un suivi de la vie communautaire : des activités programmées au long de l’année, des responsabilités personnelles et d’équipe ; c’est l’espace pour la correction fraternelle : on écoute en disciple l’Esprit qui nous parle à travers les confrères.

      Occasionnellement, des intervenants sont invités pour nous partager leur expérience.

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  • Les cours universitaires. Pendant la semaine chaque séminariste s’engage à suivre le programme de cours fixé au début de l’année avec le responsable d’études du Séminaire : son engagement comporte sa présence aux cours et aussi le temps d’approfondissement personnel.
  • La semaine se termine dans les communautés chrétiennes qui accueillent le séminariste pour la formation apostolique et pastorale.

3.3. Organisation de la journée.

Au Séminaire, chaque jour débute par la prière communautaire de Laudes suivie de la célébration de l’Eucharistie. Ces temps de prière sont préparés par les séminaristes en lien avec le formateur animateur de la liturgie du jour. L’office du soir est également prié en commun par la communauté du Séminaire.

Matinées et après-midi sont organisés en fonction des heures de cours et des activités diverses de chacun. Séminaristes et formateurs veilleront à ce que chacun trouve un juste équilibre entre le temps consacré au travail intellectuel, le temps de prière et d’oraison, le temps d’étude d’Évangile, la vie d’équipe, la détente nécessaire.

On fera régulièrement le point sur le rythme de vie que chacun se donne pour apprendre à gérer son temps en disciple du Christ et en futur ministre de l’Église.

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Chapitre VI :Le séminaire et le Prado

Comme nous l’avons évoqué précédemment, « l’Association des Prêtres du Prado a un Séminaire pour former des prêtres pauvres destinés à l’évangélisation des pauvres. La préparation au ministère s’y fait selon les caractéristiques de la vocation et de la mission du Prado, et selon les normes de l’Église pour la formation des clercs ».[62] [Cf. Constitutions – voir en particuliers n°112-114]

1. Liens avec le responsable général et son conseil

1.1. La désignation des formateurs

Le Séminaire du Prado est responsable de son travail devant le Responsable Général et son Conseil. Le Responsable Général nomme le Recteur après vote délibératif du Conseil et il nomme également les autres formateurs, après avoir reçu l’accord des Évêques concernés. C’est lui qui met fin à la responsabilité du Recteur et des autres formateurs.

1.2. Liens avec le Responsable Général

Le Recteur rendra compte régulièrement de la marche du Séminaire au Responsable Général ou à son délégué. Il le rencontrera au moins une fois par trimestre.

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1.3. Liens avec le Conseil Général

Au moins une fois dans l’année, le Recteur participera aux travaux du Conseil Général pour y parler des questions relatives au Séminaire. Il présentera entre autres :

  • Le visage de la communauté,
  • Les grandes orientations de la formation,
  • La situation financière,
  • Les perspectives d’avenir.

On évitera d’aborder les questions personnelles concernant directement les séminaristes. Celles-ci relèvent du Conseil du Séminaire et des différents délégués diocésains concernés.

2. Le séminaire au service de la vocation pradosienne

2.1. Par rapport aux séminaristes du Séminaire du Prado

Le Séminaire a la responsabilité de mener la formation dans l’esprit du Prado et de permettre aux séminaristes qui le désirent de découvrir la vocation pradosienne.

L’entrée au Séminaire du Prado ne préjuge pas de la vocation pradosienne du séminariste. Si celui-ci désire devenir membre de l’Institut des Prêtres du Prado, il fera une demande explicite au Responsable Majeur concerné. La première formation sera organisée suivant ce qui est précisé dans le Directoire Général n° 79 à 84. Ces démarches se font en concertation avec les diocèses.

2.2. Les séminaristes qui sont dans d’autres institutions

Le Séminaire du Prado est un signe visible qui peut aider des séminaristes dans leur recherche vers la vocation du Prado. Cette aide peut se traduire de plusieurs manières, par exemple :

–     Le séminaire peut proposer des activités ouvertes à l’ensemble des séminaristes : une session de découverte du Père Chevrier, récollections… ;

–     Dans la mesure de leurs disponibilités, les formateurs du Séminaire du Prado n’hésiteront pas à accepter d’animer des retraites ou des sessions si on leur demande.

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Si d’autres instances de formation sont concernées (Service des Vocations, Séminaires diocésains…), on ne manquera pas d’agir en concertation avec elles.

2.3. Par rapport aux prêtres du Prado

Le Séminaire du Prado n’a pas une responsabilité directe par rapport aux prêtres du Prado. Suivant ce qui est souhaitable et possible, il peut cependant apporter son concours à la responsabilité des prêtres.

–     Encourager l’appel au ministère presbytéral est la responsabilité de toute l’Église. L’existence d’un Séminaire dans une famille spirituelle permet de garder vivant ce souci à partir du témoignage des jeunes qui, aujourd’hui, se laissent appeler par Dieu pour servir dans son Église.

–     A l’initiative des Responsables du Prado Général ou d’un Prado local, peuvent être organisées des rencontres entre les prêtres qui accompagnent des séminaristes ou des équipes de recherche vers le Prado. Le Séminaire y prendra toute sa place et apportera sa contribution suivant ce qui est souhaité.

3. Le séminaire du Prado au cœur de l’Eglise

Le Séminaire du Prado veillera à être en lien avec l’Église locale de Lyon, en particulier pour tout ce qui concerne le travail pastoral des formateurs ou des séminaristes. Plus largement, le Séminaire prendra sa place dans l’Église, en particulier par :

  • Le travail avec les autres instances de formation au ministère presbytéral,
  • La contribution à des tâches de formation permanente ou de reprise spirituelle pour des prêtres suivant ce qui est dit dans les Constitutions au n° 19. « Les prêtres du Prado coopèreront volontiers à la formation des prêtres ».
  • L’acceptation d’interventions (prédications, exposés, etc…) pour des séminaristes ou des formateurs.
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–     soit sur le Prado comme vocation possible pour des prêtres diocésains,

–     soit en mettant en œuvre la manière « pradosienne » d’aborder les questions humaines et ecclésiales. La grâce accordée au Père Chevrier est une grâce pour l’Église et tout spécialement pour le service des prêtres.

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Annexes

Le Tableau de Saint Fons

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Prière du Père Chevrier : O Verbe ! O Christ !

O Verbe ! O Christ !

Que vous êtes beau !

Que vous êtes grand !

Qui saura vous connaître ?

Qui pourra vous comprendre ?

Faites, O Christ, que je vous connaisse

Et que je vous aime.

Puisque vous êtes la lumière,

Laissez venir un rayon de cette divine lumière

Sur ma pauvre âme,

Afin que je puisse vous voir

Et vous comprendre.

Mettez en moi une grande foi en vous,

Afin que toutes vos paroles soient pour moi

Autant de lumières qui m’éclairent

Et me fassent aller à vous,

Et vous suivre, dans toutes les voies

De la justice et de la vérité.

O Christ, O Verbe !

Vous êtes mon Seigneur

Et mon seul et unique Maître.

Parlez, je veux vous écouter

Et mettre votre parole en pratique.

Je veux écouter votre divine parole

Parce que je sais qu’elle vient du ciel.

Je veux l’écouter, la méditer,

La mettre en pratique,

Parce que dans votre parole

Il y a la vie, la joie, la paix

Et le bonheur.

Parlez Seigneur,

Vous êtes mon Seigneur et mon Maître

Et je ne veux écouter que vous.

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Lettre 82 : Lettre aux quatre séminaristes, à Alix

24 janvier 1872

Mes chers enfants,[63]

J’ai accepté vos souhaits de fête avec plaisir, et je suis convaincu que vous avez prié pour moi ce jour-là, parce que c’est au pied des autels que se trouvent les meilleurs souhaits, et que c’est là surtout qu’ils peuvent avoir quelque espérance de réalisation : Dieu est le seul Maître, et seul il peut donner ou retirer comme il lui plaît.[64]

Mes chers enfants, il faut devenir des saints, aujourd’hui plus que jamais, il n’y a que des saints qui pourront[65] travailler utilement à la conversion des pécheurs, à la gloire de Dieu et au triomphe de notre sainte Église ! Oh ! que les saints faisaient de belles choses sur la terre ! Comme ils étaient agréables à Dieu et utiles au prochain !

Les saints sont la gloire de Dieu sur la terre ! ils sont l’expression vivante de la divinité ici-bas ! ils sont la joie des anges et le bonheur des hommes !

Un saint c’est un homme qui s’est uni à Dieu, qui ne fait qu’un avec lui ! qui demande à Dieu ! qui parle à Dieu ! et à qui Dieu obéit ! C’est un homme qui a tous les pouvoirs de Dieu en sa main ! c’est un homme qui remue tout l’univers quand il est bien uni au Maître qui gouverne toutes choses. Les saints sont les hommes les plus puissants de la terre ! ils attirent tout à eux, parce qu’ils ont la charité et la lumière de Dieu, et la fécondité de l’Esprit-Saint. Ils ont la richesse de Dieu qu’ils distribuent à chaque créature ! ce sont les économes du bon Dieu sur la terre ! et il faut, mes chers enfants, que vous deveniez des saints ! il faut que vous deveniez des lumières pour conduire les hommes dans le bon chemin ! du feu pour échauffer les froids et les glacés ! des images vivantes de Dieu sur la terre pour servir de modèle à tous les chrétiens !

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Oh ! chers enfants, travaillez à devenir des saints ! on ne le devient pas tout de suite ; il faut y travailler longtemps, et dès le commencement de la vie ; c’est une grande tâche à remplir, un but bien élevé à atteindre ! mais il faut y arriver pour devenir de bons prêtres ! un prêtre qui n’est pas saint fait peu de chose, peu de bien parmi les âmes ! et il faut, vous surtout, que vous travailliez de plus en plus à le devenir ! Et comment mes enfants ? En priant surtout, en le demandant chaque jour au grand Saint par excellence qui est Jésus Christ notre modèle, et qui s’est fait saint sur la terre pour nous apprendre à le devenir !

Commencez à devenir de petits saints à Alix, en restant bien uni à Dieu par la prière, en accomplissant bien votre règlement, gardant bien exactement le silence, exerçant surtout la charité, cette belle vertu qui est le caractère particulier des saints ! charité à l’égard de vos maîtres, supérieurs et professeurs, domestiques et tous, exerçant aussi cette douceur, cette bonté qui était le caractère distinctif de Jésus Christ !

Obéissance dans toutes les plus petites choses, vous rappelant que notre Maître a été obéissant jusqu’à la mort et jusqu’à la mort de la croix ! Si vous commencez de bonne heure à pratiquer ces choses, vous commencerez par là même à marcher dans la voie de la sainteté, qui doit être la vôtre. Courage, chers enfants ! Puissent mes paroles atteindre vos âmes, et y faire naître quelques sentiments d’amour pour Notre-Seigneur Jésus Christ, et un saint désir de l’imiter.

Je vous embrasse et vous bénis.

A. Chevrier

Paage 51

Bibliographie

–     « Le Véritable disciple » (VD) – Antoine Chevrier

–     « Ecrits Spirituels » (ES) – Antoine Chevrier – Le Cerf, 2005

–     « Le Chemin du disciple et de l’apôtre » (CDA) – Antoine Chevrier

Parole et Silence, 2004

–     « Lettres inédites » (L) – Antoine Chevrier – Parole et Silence, 2006

–     « Le Christ du Père Chevrier » – Yves Musset – Desclée, 2000

–     « Suivre Jésus Christ » – Damiano Méda – Le Cerf, 2004

–     « Constitutions » C) de l’Association des Prêtres du Prado

–     « Former à un ministère tout spirituel » – Revue « Prêtres du Prado » n° 87, Janvier 2006

–     « Presbyterorum Ordinis (PO)

–     « Pastores Dabo Vobis » (PDV) – Jean-Paul II – 1992

–     « Optatam totius » (OT)

 

 

 


[1]      Lettre n° 53 – 1865

 

 

 

 

 

 

[2]      Procès de béatification, volume1, déposition Françoise Chapuis

 

 

 

 

 

 

[3]      Cf. Yves Musset, « Le chemin du disciple et de l’apôtre », p. 91-95

 

 

 

 

 

 

[4]      Règlement de l’Ecole Cléricale, p. 35.

 

 

 

 

 

 

[5]      D.G. n° 75

 

 

 

 

 

 

[6]      Lettre du Père Chevrier, n° 75

 

 

 

 

 

 

[7]      Discours du Pape Jean-Paul II au Prado, 7 octobre 1986

 

 

 

 

 

 

[8]      VD, p. 231

 

 

 

 

 

 

[9]      Lettres du Père Chevrier 388, à Mlle Grivet, 1878.

 

 

 

 

 

 

[10]    Lettre du Père Chevrier 117, à Farissier, 1877.

 

 

 

 

 

 

[11]    Jn 14,26.

 

 

 

 

 

 

[12]    Presbyterorum Ordinis n° 2.

 

 

 

 

 

 

[13]    Constitutions, n° 7.

 

 

 

 

 

 

[14]    VD, p. 226.

 

 

 

 

 

 

[15]    Constitutions n° 42.

 

 

 

 

 

 

[16]    VD, p. 218.

 

 

 

 

 

 

[17]    VD, p. 221.

 

 

 

 

 

 

[18]    Ms V, p. 405.

 

 

 

 

 

 

[19]    VD, p. 113.

 

 

 

 

 

 

[20]    VD, p. 103.

 

 

 

 

 

 

[21]    Constitutions n° 74.

 

 

 

 

 

 

[22]    VD, p. 46.

 

 

 

 

 

 

[23]    VD, p. 101.

 

 

 

 

 

 

[24]    Presbyterorum Ordinis n° 2

 

 

 

 

 

 

[25]    VD, p. 101, note 1.

 

 

 

 

 

 

[26]    Manuscrits X, 642.

 

 

 

 

 

 

[27]    VD, p. 227

 

 

 

 

 

 

[28]    Ad Gentes, n° 5 ; cf. Constitutions n° 39.

 

 

 

 

 

 

[29]    Gaudium et Spes, n° 22.

 

 

 

 

 

 

[30]    VD, p. 222.

 

 

 

 

 

 

[31]    VD, p. 222.

 

 

 

 

 

 

[32]    VD, p. 222.

 

 

 

 

 

 

[33]    VD, p. 222.

 

 

 

 

 

 

[34]    VD, p. 151.

 

 

 

 

 

 

[35]    VD, p. 223.

 

 

 

 

 

 

[36]    VD, p. 221.

 

 

 

 

 

 

[37]    VD, p. 223.

 

 

 

 

 

 

[38]    VD, p. 124, note 1.

 

 

 

 

 

 

[39]    VD, p. 450.

 

 

 

 

 

 

[40]    Lettre du Père Chevrier n° 446.

 

 

 

 

 

 

[41]    Véritable Disciple, introduction par le Père Pierre Berthelon, p. 33.

 

 

 

 

 

 

[42]    VD, p. 227.

 

 

 

 

 

 

[43]    VD, p. 221.

 

 

 

 

 

 

[44]    VD, p. 529.

 

 

 

 

 

 

[45]    VD, p. 226.

 

 

 

 

 

 

[46]    VD, p. 527.

 

 

 

 

 

 

[47]    VD, p. 218.

 

 

 

 

 

 

[48]    VD, p. 226.

 

 

 

 

 

 

[49]    Constitutions n° 42.

 

 

 

 

 

 

[50]    Mc 10,21.

 

 

 

 

 

 

[51]    Presbyterorum Ordinis n° 16.

 

 

 

 

 

 

[52]    Optatam Totius, n° 6

 

 

 

 

 

 

[53]    Optatam Totius, n° 19

 

 

 

 

 

 

[54]    Optatam Totius Ecclesiae Renovationem n° 4

 

 

 

 

 

 

[55]    Yves Musset, « Le Christ du Père Chevrier », p. 25.

 

 

 

 

 

 

[56]    VD, p. 113

 

 

 

 

 

 

[57]    Yves Musset, « Chemin du disciple et de l’apôtre », p. 332.

 

 

 

 

 

 

[58]    Constitutions n° 11.

 

 

 

 

 

 

[59]    Pastores Dabo Vobis n° 48.

 

 

 

 

 

 

[60]    Antoine Chevrier, « Petit traité du Rosaire ».

 

 

 

 

 

 

[61]    Pastores Dabo Vobis n° 60

 

 

 

 

 

 

[62]    Constitutions n° 113.

 

 

 

 

 

 

[63]    Nous n’avons pas le manuscrit de cette lettre, mais deux copies : l’une faite par François Duret en février 1872, que nous reproduisons ici telle quelle ; l’autre transmise par le Petit Séminaire du Prado à La Roche.

 

 

 

 

 

 

[64]    Ce premier paragraphe ne se trouve pas dans la deuxième copie.

 

 

 

 

 

 

[65]    La deuxième copie ajoute ici : « Régénérer le monde ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

avril 29, 2017

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